Les effets de la loi Lemoine sur le tarif de l’assurance emprunteur

La loi Lemoine est entrée en vigueur le 1er juin dernier et elle réforme l’assurance emprunteur. Certains constatent déjà une hausse des tarifs pour les contrats sans questionnaire de santé. Toutefois, les nombreux avantages qu’elle apporte doivent contribuer à la stabilité des prix à l’avenir.

Une hausse inattendue

Depuis la mise en place de la loi Lemoine le 1er juin dernier, l’emprunteur peut désormais bénéficier de nouveau contrat, résilier son assurance emprunteur à tout moment. Cela, pour profiter d’une offre concurrente moins chère ou d’offrir de meilleures garanties.

En revanche, cette disposition désenchante certains assureurs, notamment la fin du questionnaire médical. Dans cette rubrique, l’emprunteur fera part si le montant de son crédit est inférieur à 200 000 euros et remboursé avant ses 60 ans.

  • Pour les assureurs, cette nouvelle loi d’assurance emprunteur les oblige à assurer des contrats « à l’aveugle ».
  • En d’autres termes, la gestion de risque est assez compliquée face à un éventuel problème de santé de l’emprunteur.
  • L’assureur n’a alors plus un recours si ce dernier ne peut plus honorer les mensualités de son crédit à cause d’un souci de santé.

D’après les spécialistes de ce secteur, depuis l’entrée en vigueur de la loi Lemoine, une hausse de tarif jusqu’à 40 % est appliquée.

Une avancée pour les assureurs

Pour Patricia Lemoine, fondatrice de cette loi, la réforme de l’assurance emprunteur est également synonyme d’économies pour les assureurs. Cela signifie que ces derniers ont la possibilité de faire des économies sur les médecins-conseils. Cette loi permet également aux assureurs de profiter des avantages au niveau administratif. Certain personnel est recruté seulement pour remplir et analyser le questionnaire médical.

Face à cette situation, il existe des assureurs qui utilisent ce prétexte pour augmenter leurs tarifs. Néanmoins, d’autres assureurs qui entrent dans le jeu de la concurrence constatent que la suppression du questionnaire médical est une opportunité.

La députée affirme également qu’il est encore trop tôt pour confirmer la tendance. En effet, les assureurs doivent se montrer patients en attendant les nouvelles analyses de tarifs à l’automne avant d’arriver à des conclusions. À partir du 1er septembre prochain, la députée estime que la concurrence va être rude pour tous les contrats et les assureurs trop chers se retrouveront exclus du marché.

Probabilité d’augmentation du tarif assurance emprunteur

La fin du questionnaire de santé est une excellente nouvelle pour les emprunteurs ayant un souci de santé. Pour eux, remplir ce formulaire est comme signer un contrat d’assurance plus cher. Ces emprunteurs n’auront plus à vivre ce moment désagréable ni à payer chaque mois ce qu’ils considèrent comme une pénalité ou un malus de santé.

Cependant, pour les emprunteurs en bonne santé, la loi Lemoine constitue une menace. En effet, l’instauration de cette loi pourra leur obliger à payer plus cher leur assureur à l’avenir. La banque non plus ne sera pas en connaissance de cause du risque que peut présenter cette mesure sur leur prêt immobilier.

Les économies attendues de la résiliation à tout moment de l’assurance emprunteur pourront être également réduites, voire affaiblies. Par conséquent, certains emprunteurs pourraient chercher un moyen d’échapper à la disposition de la loi Lemoine. Cela, en optant pour un remplissage du questionnaire de santé afin de souscrire un contrat individuel. Les prix bas étaient permis, car les contrats des assureurs ont été personnalisés en fonction de la loi Lemoine.

Durant ce temps, plusieurs options sont à la disposition de l’emprunteur, comme la réduction de leur apport personnel, l’ajout d’un petit budget travaux et l’augmentation de la quotité d’assurance si on achète en couple. Pour dépasser la barre des 200 000 euros et pour fuir au surcoût un contrat mutuel, d’autres moyens sont envisageables.